52 photos pour une année : #11 Arbre & #12 Dans la cuisine

Bonjour bonjour !

Après mon article désenchanté de lundi, j’espère vous redonner un peu de baume au cœur avec celui-ci…

Pour atteindre mon douillet chez-moi, il y a tout un labyrinthe de couloirs à suivre. La première fois que je l’ai suivi, je me suis demandé si je n’allais pas me perdre, j’ai compté les tours et les détours, et mémorisé tout plein de détails. Finalement, tout se passe bien, et personne n’est encore resté coincé dans l’immeuble en tentant d’en sortir. Il y a un long couloir, dont les murs sont peints dans une teinte saumon malade. Et là, vous vous demandez peut-être comment je vais pouvoir caser le thème de la semaine #11…

p15sem11

Pour ce thème, je ne vous propose pas une seule photo comme habituellement, mais bel et bien deux. Enfin… La première, c’est mon arbre. Mon palmier en plastique qui est censé égayer ce long couloir saumon moche. Personnellement, je le trouve vraiment ridicule, mais à la fois tellement adorable ! Quant à la seconde photo, c’est le Prince Boulet qui l’a prise… L’envers du décor ! -Ridicule et adorable également, non ?-

Passons au second thème, celui de la semaine #12 :

p15sem12

J’ai pensé vous proposer une recette de cuisine, mais il n’y aurait alors pas eu de photo. Une vue de ma cuisine ? Quelques ustensiles rigolos ? Le rangement impeccable -hum hum- de mes placards ? Que nenni ! J’ai trouvé !!

J’adore faire de la récup’. Dans mon salon, ma table basse était composée de cagettes à pommes. Je dis « était » parce que les cagettes m’ont finalement servie à me fabriquer un bureau. Plus de table basse ? Quelle idée ! Celle-ci a été remplacée par une vraie table basse… Récupérée des anciens locataires qui l’avaient lâchement abandonnée dans le local à poubelles. Il faut que je la ponce et la repeigne et zou ! Elle sera toute belle ! Pour continuer, ma chaîne Hi-Fi est posé sur deux gros caissons d’enceintes HS. Une autre caisse et une valise en bois me servent de console dans mon entrée. Et caetera…

Je vous présente maintenant ma boîte à recettes ! Une vieille petite valise découverte chez mes grands-parents, juste dépoussiérée et légèrement grattée, et hop, le tour est joué !

#12 Dans la cuisine

Les photos des autres participants en cliquant >> ici << et >> ici <<

Je suis Valérie.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter une petite histoire…

J’avais 10 ans. J’étais en classe, et mon institutrice menait son cours d’éducation civique. Quelques semaines plus tôt, nous avions respecté une minute de silence dans ce même lieu. Un « grand monsieur » était mort. Mes parents voulaient rendre leur carte. Je ne comprenais pas bien ce que cela voulait dire, mais ça avait l’air grave. Ou tout du moins important. Ce jour-là, les adultes en qui j’avais confiance, ceux qui étaient censés pouvoir me protéger contre vents et marées avaient perdu tout espoir. Ce n’était pas pareil que quand mon oncle est parti, mais quand même, ça faisait peur. Alors cette minute de silence, je ne voulais pas la rater. Je me suis concentrée très fort. J’ai pensé très fort à plein de choses rassurantes. Comme par exemple, à toutes mes peluches que je rassemblais autour de moi quand il y avait des coupures de courant à la maison. Je les serrais fort, très fort, et je respirais profondément les yeux fermés. Le sourire revenait, et nous étions-là, mes douze kilos de peluches et moi, assis par terre dans le salon, à attendre que la lumière revienne pour retourner faire ce que nous avions à faire. La minute de silence à pris fin et mes peluches ont repris leur place dans ma chambre, et moi la mienne dans ma classe.

Mon institutrice menait son cours, comme à son habitude. Elle était fraîche, pétillante, adorable. Elle nous expliquait bien les choses, elle prenait le temps, simplement, de s’assurer que nous avions tous compris, elle répondait à toutes nos questions, parfois très farfelues, souvent avec le sourire, toujours avec application…

« Mais, maîtresse, pourquoi eux ils ont le droit de se présenter à des élections, ou même de former un parti puisqu’ils sont racistes ? »
« Ben oui, maîtresse, c’est vrai, ils aiment pas les gens différents, on a pas le droit de dire des trucs comme eux ! »
« Nous, quand on sera grands, on les empêchera d’être racistes ! »

Elle n’a pas su quoi nous répondre. Elle qui avait sans doute eu envie de « rendre sa carte » quelques semaines plus tôt. Elle qui avait eu du mal à sortir de cette minute de silence. Le sentiment d’injustice grondait devait elle. L’incompréhension suintait de toute part et elle n’avait pas de réponse.

Nous sommes un lundi. Hier soir, mes parents sont devenus blancs. Ce matin, les lycées s’organisent comme ils peuvent. Rassemblement est donné devant la Cathédrale. Nous sommes nombreux. Nous ne séchons pas les cours, nous venons manifester. Notre peur, notre mécontentement, notre incompréhension, notre choc. C’est un lundi, le 22 avril de l’année 2002. Jour noir, réveil douloureux, « plus jamais ça ! »

« Qu’est-ce que vous foutez là, les gamins, vous n’avez même pas le droit de vote ! »

C’est vrai. Je n’ai pas encore 17 ans. Pas encore le droit de vote. Pas le droit de m’exprimer ? Si. Et marcher dans la rue me donne l’impression d’agir. Me permet de crier à mes pairs plus âgés qu’il faut qu’ils se réveillent. Qu’ils ouvrent les yeux et voient ces enfants de Janvier 1996 s’insurger contre la haine de l’autre. Cette petite gamine debout, les yeux baissés, les lèvres closes, la tête pleine de peluches pour se rassurer. « Qu’est-ce que vous foutez là, vous n’avez pas le droit de vote ! »… Cette phrase résonne dans ma tête encore et encore. Est-ce une raison pour me taire ? A nouveau l’injustice. Je la ressens au plus profond de moi, cette colère aussi, de n’être pas considérée parce que je n’ai « pas encore le droit ». Ce droit, je le veux. Parce que je suis encore cette gamine qui veut les empêcher d’être racistes quand elle sera grande. J’ai marché, j’ai scandé, j’ai crié. Et je crois que mes parents ont été fiers un peu ce jour-là. Ils avaient gardé leur carte finalement, mais elle n’avait pas suffi cette fois-là…

Quelques jours plus tard, dimanche 5 mai 2002. Je n’ai toujours pas le droit de vote, mais j’accompagne Valérie au bureau de vote. Elle me demande d’attendre dans la voiture. Je la vois s’éloigner le pas lourd. Je ne pensais pas que c’était si long d’insérer un papier dans une enveloppe. Les gens que je vois passer ont tous à peu près la même tête. Ils sont gris. J’attends de longues minutes. La porte s’ouvre encore une fois, et cette fois, je la vois sortir du bâtiment, la mine défaite. Elle entre dans la voiture, va pour tourner la clé et démarrer la voiture, et se décompose en un quart de seconde. Valérie, si joyeuse, si douce, si belle, fond en larmes à côté de moi.

« Je ne pensais pas devoir faire ça un jour. »

Elle pleure, incapable de quoi que ce soit d’autre. Je garde le silence, l’abandonne à sa détresse. Je me rends compte à cet instant précis de la gravité de la situation. De sa réalité. De son ampleur. De son horreur. Mes peluches ne me seront d’aucune aide cette fois. Je crois que j’ai laissé un peu de mon innocence, là, dans cette voiture, sur le siège du mort…

5 ans

Le temps passe vite, on ne cesse de se le répéter.

Il y a eu pas mal de changements, tout au long de ces cinq années. De ses cinq années.

Il est né, a passé sa première nuit loin de moi, a fait les suivantes sans problème, a sorti trois dents en même temps sans pousser un seul grognement ; a posé ses pieds l’un devant l’autre, l’un après l’autre, patiemment, curieusement, avide d’aventures en tout genre ; a fabriqué ses premières babioles, crayons dans une main, ciseaux ou colle dans l’autre ; ses premières phrases aussi, et ses questions. Ses questions… Pourquoi t’as pas d’amoureux ? Qu’est-ce que ça veut dire la bohème ? C’est quoi ton travail ? Est-ce que toi aussi, tu as déjà fait des bêtises ?

Il a vécu des turbulences, des ballottements, des déménagements ; a dû s’adapter, faire de la place dans sa vie, des concessions, des choix ; il dessine merveilleusement bien, réfléchit toujours plus, invente des histoires, se forge un caractère. Il aime les dinosaures, les super-héros, les monstres, Pierre Lapin et les Marsupilamis, faire des grimaces sur les photos, partager son lit avec Alaska, les épinards, son peignoir à tête de mort, appuyer sur les boutons de l’ascenseur et demander le pain tout seul au boulanger.

Depuis cinq ans, ma vie a profondément changé… Je suis responsable d’un petit être, de son éducation, de ce qu’il deviendra. Je ne me suis pas fait que des amis, mais j’ai toujours assumé. J’ai trouvé ma voie, et la force de faire ce qui me plaît. Je ne suis plus la même, j’ai grandi et je suis fière. De moi un peu. De lui surtout. De son courage, de sa force, de sa volonté, de sa curiosité, de sa gentillesse. Mon fils n’est pas parfait, et moi non plus, loin de là. Mais nous faisons notre bout de chemin, cahin-caha parfois, mais en nous tenant si fort la main que rien ni personne ne pourra jamais nous séparer.

Joyeux anniversaire, mon grand…

(Et parce que les pommes ne tombent jamais loin du pommier, voici le selfie de plus raté de l’histoire du selfie ! « Hey !! L’Hippo ! Viens, on se prend en photo !! » Enjoy !)

Selfie

52 photos pour une année : #10 – Beau / belle / beauté

p15sem10

A la base, pour ce thème, je voulais vous présenter ma mamie. Mais j’ai préféré la caser dans la case « Roots« . Bien que pour moi, ce soit la plus belle femme que le monde n’ait jamais vu naître.

Mais depuis, je suis allée me faire belle. Parce que j’ai la réputation de ne pas être une vraie fille, je vais aujourd’hui faire tomber un mythe :

Oui ! J’adore aller chez l’esthéticienne faire des trucs de filles contre mes poils !

Oui ! Je kiffe me tartiner la tronche trois fois par semaine avec une pâte à base d’avoine et de banane pour avoir la peau douce !

Oui ! Je me regarde dans la glace le matin en me disant que franchement, ça pourrait être pire !

Et enfin, oui ! J’adore me maquiller très légèrement quand je sors ! -J’ai précisé « très légèrement » et « quand je sors », hein, ne vous excitez pas non plus…-

Cet après-midi-là, je me suis rendue dans un bar à maquillage pour servir de cobaye à une jeune stagiaire. C’était super génial top moumoute. Oui, tout ça. Pendant une heure, je me suis faite lisser le teint, papouiller la peau, coiffer les cils, accentuer le regard naturellement braisé que je me promène tous les jours… Bref, je suis ressortie de là super heureuse et bien dans mes pompes.

Des fois, c’est cool d’être une fille !

#10 beau belle beauté

Les autres photos >> ici <<

52 photos pour une année : #9 – Commence par « e »

Le thème trop fac’, quoi !! Non mais sérieux ! … Je me suis pris la tête dessus tout un moment, j’étais prête à le sauter l’air de rien comme ça, pif paf pouf, personne n’a rien vu… Et puis, je me suis frappé le front avec la paume de ma main droite ! Quel boulet je fais ! C’est parti pour le thème #9 !

p15sem9

Je suis à fond dans un truc qui commence par la lettre « e », et je ne sais même pas comment j’aurais pu ne pas vous en parler… Bref, je monte un truc qui s’appelle ArtiShow, et qui n’a pas encore de structure officielle et déclarée, mais en gros l’idée est de créer des événements trop cools et super originaux. Pour débuter, et pour me faire connaître -ce qui marche pas trop mal pour l’instant- j’ai organisé une exposition photo. Le voilà notre mot qui commence par « e » !

#9 commence par e

Il a fallu trouver des photographes, des modèles, des lieux, planifier des shootings, imprimer et encadrer les photos, trouver une galerie, et pour « funiser » un peu le tout, créer des animations tout au long des quatre semaines d’expo. Bref, on ne dirait pas trop comme ça, mais doublé de tout l’aspect création d’une structure, renseignements, paperasse, rendez-vous et coups de fil en tout genre, ce fut un travail colossal. Pour vous dire, je recommence seulement à dormir plus de six heures par nuit -moi la grosse marmotte !!- après un peu plus de deux mois au régime sec niveau sommeil. Et je ne vous parle pas des grasses matinées le week-end ! D’ailleurs, je ne sais plus ce que c’est. Ni les grasses mat’, ni les week-ends ^^

Ceci dit, je ne me plains pas ! Je fais ce qui me plaît, et c’est moi qui ait choisi ce rythme. Je pourrais abattre moins de taff’ et faire le choix d’avancer moins vite, par exemple. Mais non. ‘Pas envie ! Je suis heureuse comme ça, j’ai enfin trouvé ma voie !

Je vous laisse visiter le site de l’expo, en cliquant >> ici <<, n’hésitez pas à le faire tourner, et à y laisser vos propres impressions ! -Et si d’aventure vous passiez à Orléans avant le 14 mars, venez donc me faire un petit coucou !-

Pour revenir sur le thème #9, les autres participants ont fait des chouettes photos aussi ! Ça se passe >> ici << ! Et juste pour terminer mon billet en beauté, -« beauté » étant le thème #10, que je vais essayé de poster jeudi ou vendredi- , vous saviez que banane, ça commence par un « b », mais parfois par un « p » ? Allez, je vous laisse cogiter… ;)